DDA 15

Personnel exerçant les activités de distribution, article L. 511-2 II du code des assurances

Conseiller bancaire distribuant de l'assurance

La formation continue DDA est-elle obligatoire pour un conseiller bancaire distribuant de l'assurance ?Oui, dès lors que vous présentez, proposez ou aidez à conclure des contrats d'assurance, le II de l'article L. 511-2 du code des assurances vous vise comme personnel exerçant les activités de distribution, et l'article R. 512-13-1 fixe le plancher à quinze heures par an. Une confusion mérite d'être levée. La capacité professionnelle connaît un régime propre à la distribution exercée à titre accessoire et à certains salariés en bureau de production, à l'article R. 512-12, plus souple que celui des courtiers et des agents généraux. La formation continue, elle, ne connaît aucun régime allégé de cette sorte.

Ce qui est dû, en quatre lignes

  • Quinze heures de formation par année civile, article R. 512-13-1
  • Justifier de votre capacité professionnelle, le cas échéant article R. 512-12
  • Une formation adaptée aux produits présentés, article A. 512-8 II
  • Conserver l'attestation nominative et le relevé de suivi

Deux obligations distinctes, et une seule qui revient chaque année

La capacité professionnelle est une condition d'accès à l'activité. Elle se justifie une fois, à l'entrée, et elle ne se refait pas. La formation continue est un plancher annuel qui repart à zéro chaque année, quel que soit le niveau de capacité démontré à l'entrée. Confondre les deux conduit à croire son dossier complet alors qu'il manque l'essentiel.

L'article R. 512-12 du code des assurances organise la capacité professionnelle pour la distribution exercée à titre accessoire et pour certains salariés en bureau de production. Il ouvre trois voies : une formation d'une durée raisonnable, adaptée aux produits présentés et sanctionnée par une attestation ; six mois d'expérience dans des fonctions relatives aux contrats d'assurance ; ou un diplôme figurant sur la liste réglementaire.

Ce texte ne fixe aucun nombre d'heures. La formule « durée raisonnable » signifie proportionnée au produit présenté, et démontrable. Elle n'a rien à voir avec les quinze heures annuelles de l'article R. 512-13-1, qui sont un chiffre, et un chiffre qui ne se négocie pas.

Ce que votre établissement peut faire, et que d'autres ne peuvent pas

L'article R. 511-2 du code des assurances ferme la gestion de sinistres aux mandataires d'assurance et aux mandataires d'intermédiaires, sauf pour les établissements de crédit ou certaines branches d'assurance. Cette réserve vous concerne directement : elle explique qu'une opération banale dans votre agence soit interdite à un mandataire de réseau.

Retenez-en surtout que le périmètre se lit dans l'inscription, jamais dans l'usage. Une pratique installée depuis des années n'a jamais valu autorisation, et c'est la catégorie d'inscription qui répond en contrôle.

L'assurance emprunteur occupe dans ce cadre une place à part, parce qu'elle se distribue au moment du crédit et qu'elle a connu plusieurs réformes successives. C'est l'une des spécialisations du parcours, et souvent la plus utile à un conseiller bancaire.

Une formation adaptée aux produits que vous présentez réellement

Le II de l'article A. 512-8 du code des assurances demande que la formation soit adaptée à la nature des produits distribués, aux modes de distribution utilisés et aux fonctions exercées. En agence bancaire, le catalogue est souvent étroit et très typé : emprunteur, prévoyance, multirisque habitation, parfois épargne.

Cette étroitesse est un avantage au moment de choisir. Les quinze heures se composent de onze heures de tronc commun, identiques pour tous, et de quatre heures de spécialisation. Retenir celle qui correspond au produit que vous placez le plus souvent rend l'adéquation évidente pour qui lira votre dossier.

Conservez la raison de ce choix, même brièvement, et reliez-la à votre fiche de poste. C'est ce rapprochement entre la fonction et la formation qui est regardé, bien plus que le nombre d'heures pris isolément.

Le contrôle peut passer par le parcours que voit le client

Un point que beaucoup de réseaux ignorent mérite d'être connu. L'article L. 612-24 du code monétaire et financier permet aux contrôleurs de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution d'utiliser une identité d'emprunt pour accéder aux services proposés en ligne, sans que leur responsabilité pénale puisse être engagée à ce titre.

Votre parcours de souscription en ligne, votre formulaire de devis, vos échanges par messagerie peuvent donc être testés sans que vous le sachiez. Ce que le client voit est exactement ce que le contrôleur verra.

Cette perspective est moins inquiétante qu'elle n'en a l'air, parce qu'elle récompense ce qui est déjà la bonne pratique : un recueil des exigences et des besoins réellement fait, une information précontractuelle réellement remise, et un conseil réellement motivé. Le tronc commun du parcours porte précisément sur ces trois points.

Quel parcours vous concerne ?

Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.