DDA 15

Matière du tronc commun

Devoir de conseil : les trois niveaux, et la preuve qui va avec

Le code des assurances impose au distributeur de recueillir les exigences et les besoins du client, puis de lui fournir des informations objectives lui permettant de décider en connaissance de cause. Trois niveaux d'intervention se distinguent : la simple présentation du contrat, le conseil, et la recommandation personnalisée, qui explique en quoi un contrat déterminé correspond le mieux aux exigences et besoins exprimés. Le niveau retenu décide de la responsabilité encourue, et il ne se choisit pas après coup : il se lit dans ce qui a été écrit au client. Un conseil rendu mais non motivé équivaut, en contrôle comme devant un juge, à un conseil non rendu.

Dans le parcours : module 02, Devoir de conseil et maîtrise de la relation client, 3 h.

Le recueil des exigences et des besoins, en amont de tout

Tout part de là. Une trame de découverte exploitable couvre la situation familiale, patrimoniale et professionnelle, la capacité financière, et ce que le client cherche réellement à couvrir. Une trame qui se contente de cases à cocher produit un dossier que personne ne pourra défendre trois ans plus tard.

Le point le plus souvent négligé est la trace des refus de répondre. Un client qui ne veut pas communiquer un élément est dans son droit, mais ce refus change l'étendue du conseil possible : il doit être consigné, daté, et ses conséquences expliquées. C'est la seule façon de démontrer plus tard que l'information manquante ne manquait pas par négligence du professionnel.

La cohérence entre le besoin exprimé, le produit proposé et la prime supportable fait partie du recueil. Un contrat parfaitement adapté sur le papier mais hors de portée budgétaire se résilie dans l'année : le devoir de conseil porte aussi sur cette tenue dans le temps.

L'information précontractuelle, et ses documents

Le document d'entrée en relation informe le client de votre statut, de vos liens capitalistiques éventuels avec des entreprises d'assurance, des modalités de rémunération et de la procédure de réclamation. Il se remet avant la conclusion, pas avec le contrat signé.

Le document d'information normalisé sur le produit d'assurance, l'IPID, présente les garanties, les exclusions et les modalités de manière standardisée. Pour les produits d'investissement fondés sur l'assurance, le document d'informations clés PRIIPs vient s'y ajouter, avec son indicateur de risque et ses scénarios de performance.

La preuve de la remise compte autant que la remise elle-même. Un document parfaitement conforme dont rien n'établit qu'il a été remis, et remis à temps, ne protège personne. C'est un point de contrôle simple à vérifier, et il est vérifié.

Motiver par écrit, ou renoncer au bénéfice du conseil

Un rapport de conseil complet dit trois choses : ce que le client a exprimé, ce qui lui est proposé, et pourquoi ce produit-là plutôt qu'un autre. La troisième est celle qui manque le plus souvent, et c'est la seule qui distingue une recommandation personnalisée d'un argumentaire de vente.

Les alternatives écartées ont leur place dans cette motivation. Écrire qu'un contrat moins cher a été examiné et écarté parce qu'il excluait la garantie que le client jugeait prioritaire vaut mieux que de ne mentionner que le contrat retenu : cela montre le raisonnement, et c'est le raisonnement qui est apprécié.

Enfin, le dossier doit pouvoir être produit. Signature, conservation, et capacité à retrouver une pièce précise plusieurs années après : un dossier de conseil irréprochable mais introuvable au moment d'un contrôle produit le même effet qu'un dossier inexistant.

Le conseil ne s'arrête pas à la signature

L'adéquation du contrat se vérifie dans la durée. Un changement de situation familiale, professionnelle ou patrimoniale peut rendre inadapté un contrat qui l'était parfaitement à la souscription, et la révision périodique fait partie de la relation, pas du service commercial facultatif.

La vente additionnelle et la vente croisée sont licites, à condition que chaque garantie ajoutée réponde à un besoin identifié et que le client sache ce qu'il achète séparément. Un produit accessoire vendu sans que le besoin correspondant ait été exprimé est un défaut de conseil, quelle que soit sa qualité intrinsèque.

Les contrats non réclamés et la déshérence ferment le sujet : un contrat dont le bénéficiaire ne se manifeste jamais reste une obligation du distributeur et de l'assureur, pas un dossier clos par le silence.

Ce que vous savez faire à la sortie

  • Construire une trame de découverte exploitable et opposable
  • Distinguer présentation, conseil et recommandation personnalisée
  • Rédiger une motivation écrite qui résiste à une demande de production
  • Organiser la conservation et la restitution d'un dossier de conseil

Cette matière dans le parcours complet

Elle appartient au module 02, Devoir de conseil et maîtrise de la relation client. Le parcours se suit entièrement à distance, en séquences consécutives ou non, et l'attestation est délivrée à la clôture du parcours, après contrôle du temps de connexion.

Quel parcours vous concerne ?

Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.