Matière du tronc commun
Statut ORIAS : les quatre catégories d'intermédiaire et leurs conditions d'exercice
Le registre unique tenu par l'ORIAS distingue quatre catégories d'intermédiaire en assurance : le courtier, l'agent général, le mandataire d'assurance et le mandataire d'intermédiaire d'assurance. Le statut n'est pas une étiquette commerciale : il décide pour qui vous agissez, ce que vous devez au client, et ce que vous devez déclarer. Le cumul de catégories est licite ; ce qui est sanctionné, c'est d'exercer une activité qui ne figure pas à votre inscription. L'immatriculation suppose par ailleurs trois conditions tenues à jour en permanence : la capacité professionnelle, l'honorabilité et, pour ceux que la loi y soumet, la responsabilité civile professionnelle et la garantie financière.
Dans le parcours : module 01, Environnement, statuts et cadre réglementaire de la distribution, 3 h.
Quatre statuts, quatre façons d'engager quelqu'un
Le courtier agit pour le compte de son client. C'est cette position qui lui vaut ses obligations les plus lourdes : quand il annonce un conseil fondé sur une analyse impartiale et personnalisée, il s'engage à avoir examiné un nombre suffisant de contrats disponibles sur le marché, et il doit pouvoir le démontrer.
L'agent général agit pour le compte d'une ou plusieurs entreprises d'assurance, en vertu d'un traité de nomination. Le mandataire d'assurance agit pour le compte d'une entreprise, sans être agent général. Le mandataire d'intermédiaire d'assurance, enfin, agit pour le compte d'un autre intermédiaire : sa chaîne de responsabilité remonte d'un cran, ce qui ne l'exonère de rien vis-à-vis du client.
La catégorie déclarée à l'ORIAS doit refléter l'activité réellement exercée, catégorie par catégorie. Une activité ouverte en cours d'année fait l'objet d'une déclaration complémentaire, et une activité abandonnée se déclare de la même façon. Le registre est public : un client, un assureur ou un contrôleur peut vérifier en quelques secondes ce que vous avez déclaré.
La capacité professionnelle, et ses trois niveaux
La capacité professionnelle conditionne l'accès à l'activité. Elle s'acquiert par le diplôme, par l'expérience professionnelle ou par un stage professionnel, selon des niveaux distincts qui ne donnent pas les mêmes droits ni les mêmes durées de formation initiale.
Cette capacité initiale ne se confond pas avec la formation continue. La première ouvre la porte, la seconde la maintient ouverte : l'article L. 511-2 du code des assurances impose aux intermédiaires et à leur personnel un développement professionnel continu, et l'article R. 512-13-1 en fixe le plancher à quinze heures par an.
Le périmètre des personnes concernées est plus large qu'on ne le croit souvent. Il ne vise pas seulement l'immatriculé : il englobe les dirigeants et mandataires sociaux en contact direct avec la clientèle ou qui encadrent habituellement des personnes qui le sont, ainsi que les salariés qui présentent, proposent, aident à conclure ou réalisent les travaux préparatoires.
Honorabilité, responsabilité civile et garantie financière
L'honorabilité n'est pas une formalité d'entrée : elle se vérifie à l'embauche, puis se maintient. Elle concerne l'intermédiaire, ses dirigeants, et les salariés qui participent à la distribution. Un cabinet qui ne l'a jamais vérifiée pour ses collaborateurs découvre la question au pire moment, c'est-à-dire pendant un contrôle.
L'assurance de responsabilité civile professionnelle est obligatoire pour les intermédiaires que le code des assurances y soumet, à un niveau minimal de garantie fixé par voie réglementaire et revalorisé périodiquement. L'attestation porte la période couverte, la territorialité et les montants : c'est elle que réclame un mandant ou un financeur.
La garantie financière, elle, ne concerne que ceux qui encaissent des fonds pour le compte de tiers. Beaucoup d'intermédiaires croient y échapper parce qu'ils ne manient pas de fonds, puis encaissent une prime pour rendre service à un client. Le maniement de fonds ne se décide pas au coup par coup : il change le régime applicable.
La réforme du courtage, et le contrôle annuel de vos quinze heures
La loi du 8 avril 2021 a créé les associations professionnelles agréées et rendu l'adhésion obligatoire pour les courtiers et leurs mandataires. L'association vérifie les conditions d'accès et d'exercice de ses membres, leur apporte un service d'accompagnement, et s'est vu confier un rôle de médiation et de veille.
Elle vérifie aussi, chaque année, le respect de l'obligation de formation continue. C'est souvent le premier interlocuteur qui demandera vos attestations, avant même l'ACPR. Un courtier membre d'une association agréée a donc un contrôle annuel effectif de ses quinze heures, ce que n'ont pas les autres statuts.
L'ORIAS, lui, ne demande rien de tel : la liste des pièces exigibles au renouvellement annuel de l'immatriculation est limitative, et l'attestation de formation continue n'y figure pas. L'absence de demande n'est pas une absence d'obligation, et c'est la confusion la plus répandue sur le sujet.
Ce que vous savez faire à la sortie
- Identifier votre catégorie ORIAS et ce qu'elle engage vis-à-vis du client
- Déclarer une catégorie ouverte ou abandonnée en cours d'année
- Tenir à jour honorabilité, responsabilité civile professionnelle et garantie financière
- Savoir qui, dans le cabinet, doit les quinze heures annuelles
Cette matière dans le parcours complet
Elle appartient au module 01, Environnement, statuts et cadre réglementaire de la distribution. Le parcours se suit entièrement à distance, en séquences consécutives ou non, et l'attestation est délivrée à la clôture du parcours, après contrôle du temps de connexion.
Les autres matières
- Devoir de conseil : les trois niveaux, et la preuve qui va avec
- Lutte contre le blanchiment : vigilance, soupçon et déclaration à Tracfin
- RGPD au cabinet d'assurance : registre, données de santé et durées de conservation
- Vente à distance et démarchage téléphonique en assurance
- Gouvernance et surveillance des produits : ce que le distributeur doit tenir
- Information précontractuelle : document d'entrée en relation, IPID et DIC
- Réclamations et médiation : délais, circuit et exploitation
- Intelligence artificielle et cybersécurité au cabinet d'assurance
Selon votre situation d'exercice
- Collaborateur d'agence générale d'assurance
- Mandataire en réseau d'assurance
- Conseiller bancaire distribuant de l'assurance
- Gestionnaire de contrats en back office
- Salarié en contact direct avec la clientèle
- Dirigeant et mandataire social d'un cabinet
- Combien d'heures de formation DDA faut-il faire par an ?
- Qui est soumis aux quinze heures de formation DDA ?
- Que se passe-t-il si je n'ai pas fait mes quinze heures ?
- La formation DDA en ligne est-elle valable ?
Quel parcours vous concerne ?
Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.
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