DDA 15

Les statuts et les personnes concernées

Qui est concerné : dirigeants, salariés et personnel en contact avec la clientèle

Le II de l'article L. 511-2 du code des assurances vise deux populations : les intermédiaires eux-mêmes, inscrits au registre unique, et le personnel des entreprises et des intermédiaires exerçant les activités de distribution. Une personne n'a donc pas besoin d'un numéro ORIAS propre pour devoir quinze heures par an. L'obligation est individuelle : un cabinet de six personnes concernées doit pouvoir présenter six lignes, avec pour chacune le poste occupé, le nombre d'heures et les thèmes suivis, comme le demande l'article R. 513-9.

L'erreur la plus fréquente dans un cabinet consiste à compter les heures du dirigeant et à oublier celles de l'équipe. Ce dossier donne la méthode pour qualifier chaque poste, sans trancher ce que le texte ne tranche pas.

Les deux populations visées par le texte

Le II de l'article L. 511-2 pose les exigences de formation et de développement professionnels continus, et l'article R. 512-13-1 précise qui elles visent : les intermédiaires eux-mêmes et le personnel des entreprises et des intermédiaires exerçant les activités de distribution.

La première population est facile à identifier : elle figure au registre unique, avec un numéro et une ou plusieurs catégories.

La seconde demande un raisonnement. Elle ne se lit sur aucun registre, elle se déduit de ce que la personne fait réellement.

Le dirigeant, et la confusion à éviter

Le dirigeant d'une personne morale immatriculée porte deux choses qu'il vaut mieux ne pas confondre.

Il porte d'abord la condition de capacité professionnelle de l'article R. 512-8, qui s'applique aux personnes physiques, associés ou tiers, qui dirigent ou gèrent la personne morale. Cette condition se justifie une fois, à l'inscription.

Il porte ensuite sa propre obligation annuelle de quinze heures, comme toute personne qui exerce une activité de distribution. Elle n'est pas absorbée par la première, et elle recommence chaque année.

Il lui revient enfin de faire remonter les heures de son équipe. C'est là que l'erreur classique se produit : le dirigeant tient son propre compteur avec soin et découvre au printemps qu'il n'a rien pour ses collaborateurs.

Le salarié en contact avec la clientèle

Une chargée de clientèle, un conseiller en agence, un téléconseiller sur un plateau de vente à distance exercent des activités de distribution. Aucun n'a de numéro ORIAS personnel, et tous doivent quinze heures par an à titre individuel.

Pour un cabinet de courtage, ces heures remontent chaque année à l'association professionnelle agréée dans la liste nominative de l'article R. 513-9, avec le poste occupé, le nombre d'heures et les thèmes suivis.

Pour une agence générale, exemptée d'adhésion associative par le II de l'article L. 513-3, elles ne remontent à personne automatiquement. Cela ne les rend pas facultatives : elles se justifient par tout moyen, devant la compagnie mandante comme devant l'ACPR.

Le cas qui demande un examen : les fonctions support

Un poste purement administratif, qui ne présente, ne propose ni n'aide à conclure aucun contrat d'assurance, n'exerce pas une activité de distribution au sens du texte. Une personne qui saisit des pièces, classe des dossiers ou tient une comptabilité n'entre pas dans le champ du seul fait qu'elle travaille dans un cabinet d'assurance.

La frontière se déplace dès que la personne conseille un client sur un contrat, même occasionnellement. Un gestionnaire de contrats qui répond à un assuré sur l'étendue d'une garantie et l'oriente vers une modification de couverture n'est plus dans une fonction purement administrative.

Nous ne trancherons pas ici ce que le texte ne tranche pas. La qualification se fait poste par poste, à partir des tâches réellement exercées, et c'est un travail que le cabinet mène lui-même, au besoin avec son association professionnelle agréée.

La fiche de poste, et pourquoi elle fait la preuve

L'article R. 513-9 cite expressément les fiches de poste parmi les justificatifs tenus à disposition, à côté des attestations de formation. Cette mention n'est pas décorative.

Le contrôle porte sur l'adéquation entre la formation suivie et la fonction exercée. Sans description de poste datée, cette adéquation est indémontrable, quel que soit le nombre d'heures accumulées.

La fiche de poste sert donc deux fois. Elle démontre qu'une personne entre, ou n'entre pas, dans le champ de l'obligation. Et, pour celles qui y entrent, elle démontre que la formation suivie correspondait au poste.

Une fiche datée, revue quand le poste change, suffit. Il n'est pas demandé un document long, il est demandé un document juste.

Constituer le tableau de l'équipe, en une heure par an

Le tableau que réclame l'article R. 513-9 se tient facilement si on le tient au fil de l'eau, et très difficilement si on le reconstitue en mars.

Une ligne par personne concernée, quatre colonnes : le nom, le poste occupé, le nombre d'heures suivies, les thèmes. C'est exactement ce que le texte demande, ni plus ni moins.

À côté, un dossier par personne : la fiche de poste datée, et les attestations de l'année. Ces pièces ne s'envoient pas, elles se tiennent à disposition.

Quand une association agréée demande une vérification approfondie, ce qu'elle fait au moins une fois tous les cinq ans au titre de l'article R. 513-10, c'est ce dossier qu'elle regarde.

Un mot sur les intermédiaires à titre accessoire

Certaines activités distribuent de l'assurance sans que ce soit leur métier principal, à l'occasion de la vente d'un bien ou d'un service.

Leur capacité professionnelle relève d'un article propre, l'article R. 512-12, qui retient une formation d'une durée raisonnable adaptée aux produits présentés et sanctionnée par une attestation, six mois d'expérience, ou un diplôme listé, sans fixer de nombre d'heures.

L'obligation annuelle de formation continue, elle, ne connaît pas de version allégée : l'article R. 512-13-1 pose un plancher unique, et la souplesse porte sur le contenu, par l'exigence d'adéquation, jamais sur le volume.

Questions fréquentes

Un salarié sans numéro ORIAS doit-il quinze heures ?
Oui, dès lors qu'il exerce les activités de distribution. Le II de l'article L. 511-2 vise les intermédiaires et le personnel des entreprises et des intermédiaires exerçant ces activités, sans exiger une inscription personnelle au registre unique. L'obligation est individuelle.
Un gestionnaire de contrats est-il concerné ?
Cela dépend de ce qu'il fait réellement. Un poste purement administratif qui ne présente, ne propose ni n'aide à conclure aucun contrat n'exerce pas une activité de distribution. La frontière se déplace dès que la personne conseille un client sur un contrat. La qualification se fait poste par poste, et c'est la fiche de poste datée qui la démontre.
Le dirigeant doit-il ses propres quinze heures ?
Oui, et elles ne se confondent pas avec la capacité professionnelle qu'il porte au titre de l'article R. 512-8. La capacité se justifie une fois à l'inscription ; les quinze heures recommencent chaque année au titre de l'article R. 512-13-1.
Un apprenti ou un stagiaire est-il concerné ?
Le texte raisonne par l'activité exercée, pas par le type de contrat de travail. Une personne en formation qui exerce effectivement des activités de distribution entre dans le champ du II de l'article L. 511-2. Une personne en observation, qui n'exerce pas ces activités, n'y entre pas. Là encore, c'est la description du poste qui tranche.
Faut-il déclarer nos salariés à l'ORIAS ?
Le registre unique immatricule les intermédiaires, pas l'ensemble de leur personnel. Ce qui remonte, pour un courtier ou son mandataire, c'est la liste nominative annuelle adressée à l'association professionnelle agréée au titre de l'article R. 513-9, avec le poste occupé, le nombre d'heures et les thèmes.
Un collaborateur à temps partiel doit-il quinze heures entières ?
L'article R. 512-13-1 pose un plancher annuel sans prévoir de proratisation selon le temps de travail. Une situation particulière se documente et se discute avec l'association professionnelle agréée ou la compagnie mandante, pièces à l'appui, plutôt que de se régler par un calcul maison.

Valider vos heures

Le parcours se suit entièrement à distance, à votre rythme, en séquences consécutives ou non. L'attestation est délivrée à la clôture du parcours, après contrôle du temps de connexion, avec un relevé de connexion horodaté : ce sont ces deux pièces que vous conservez et que vous produisez en cas de contrôle.

Quel parcours vous concerne ?

Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.