Les statuts et les personnes concernées
Cumuler plusieurs catégories d'inscription au registre unique
Rien n'interdit d'être inscrit dans plusieurs catégories du registre unique, et c'est même la situation la plus fréquente : d'après le rapport annuel 2024 de l'ORIAS, on comptait soixante-neuf mille neuf cent soixante-dix intermédiaires pour cent dix-huit mille trois cent huit inscriptions au 31 décembre 2024. Ce qui est sanctionné, c'est l'exercice d'une activité qui ne figure pas dans votre inscription. Chaque catégorie exercée se déclare, chaque catégorie abandonnée se retire, et les frais annuels sont de vingt-cinq euros par catégorie, dans la limite du plafond de deux cent cinquante euros fixé par l'article L. 512-1.
Le cumul n'est pas une exception, c'est la norme. Ce dossier dit ce qu'il faut déclarer, quand, et pourquoi renouveler ne veut pas dire mettre à jour.
Deux chiffres qui racontent tout
Le rapport annuel 2024 de l'ORIAS donne deux nombres dont l'écart est parlant : soixante-neuf mille neuf cent soixante-dix intermédiaires immatriculés, pour cent dix-huit mille trois cent huit inscriptions au 31 décembre 2024.
Autrement dit, un intermédiaire porte en moyenne plus d'une inscription. Le même rapport indique que vingt-cinq virgule huit pour cent des intermédiaires cumulent assurance et intermédiation bancaire.
Le cumul de catégories n'a donc rien d'exotique. Il est la situation de départ d'une large partie de la profession.
Ce qui est licite, et ce qui ne l'est pas
Rien n'interdit d'être courtier d'assurance et courtier en opérations de banque. Rien n'interdit d'être agent général et, par ailleurs, mandataire d'intermédiaire sur une branche que votre compagnie ne traite pas, sous réserve de ce que permet votre mandat.
Ce qui est sanctionné, c'est l'exercice d'une activité qui ne figure pas dans votre inscription. Chaque catégorie exercée doit être déclarée et immatriculée.
Le raisonnement est le même que pour le choix de la catégorie : la bonne question n'est pas « qui suis-je » mais « de qui je tiens mon pouvoir sur ce dossier précis ».
Ce qu'une catégorie coûte
Le financement de l'ORIAS repose sur des frais d'inscription annuels fixés par arrêté ministériel. L'arrêté du 12 décembre 2018 les a fixés à vingt-cinq euros par catégorie, et l'article L. 512-1 du code des assurances plafonne l'ensemble à deux cent cinquante euros.
C'est le prix de la régularité, et il se compare mal au coût d'un contentieux sur une activité qui ne serait pas couverte par votre contrat de responsabilité civile professionnelle, faute d'inscription correspondante.
Déclarer, c'est aussi déclarer les sorties
Le registre vit dans les deux sens, et on l'oublie souvent. Quand vous arrêtez une activité, vous le déclarez aussi.
Une catégorie que vous n'exercez plus n'a rien à faire sur votre fiche : la laisser vivre revient à afficher un périmètre que vous ne couvrez plus, et à payer chaque année pour cet affichage.
Les chiffres du rapport annuel 2024 de l'ORIAS montrent que la démarche n'est pas un obstacle : soixante et un mille six cent vingt-trois demandes traitées dans l'année, inscriptions, modifications et suppressions confondues, dont dix mille cinq cent quatre-vingt-sept premières inscriptions, avec un taux de validation de quatre-vingt-sept virgule sept pour cent et un délai moyen de traitement de deux jours. Ce qui coûte, ce n'est pas de déclarer, c'est de ne pas l'avoir fait.
Trois cumuls fréquents, trois points d'attention
Le premier cumul associe le courtage d'assurance et le courtage en opérations de banque. Le point d'attention est l'adhésion associative, qui n'est pas la même selon les périmètres : l'article R. 513-1 permet une adhésion unique lorsque l'association est agréée sur les deux périmètres, ce qui n'est pas le cas de toutes.
Le deuxième associe l'agence générale et le courtage. Le point d'attention est le mandat de la compagnie, qui encadre ou interdit cette activité. La lecture du mandat précède l'inscription, pas l'inverse.
Le troisième voit un courtier devenir mandataire d'un grossiste sur une branche. Le point d'attention est le contrat de responsabilité civile professionnelle, souvent souscrit sur le seul périmètre initial et jamais relu depuis.
Renouveler n'est pas mettre à jour
Deux gestes se ressemblent et ne font pas la même chose. Le renouvellement annuel reconduit ce qui est déjà déclaré. Il ne corrige rien.
Un cabinet qui a changé de périmètre en cours d'année et qui se contente de renouveler valide une photographie fausse, de bonne foi. La conséquence est pourtant l'exercice d'une activité d'intermédiation sans immatriculation dans la catégorie correspondante.
Un contrôle repère ce décalage sans effort : l'ACPR compare le chiffre d'affaires par activité aux catégories d'inscription. Un poste de commissions bancaires dans la comptabilité d'un courtier d'assurance, sans inscription en opérations de banque, se lit en une lecture de balance.
Le réflexe qui évite tout cela
Une règle simple suffit : toute nouvelle ligne de revenus déclenche une revue de la fiche ORIAS. Nouveau partenariat, nouvelle branche, nouveau mandat de grossiste, filialisation d'une activité.
La revue prend dix minutes. Un cabinet qui l'inscrit à son ordre du jour trimestriel ne se retrouve jamais à expliquer deux ans de décalage.
Et elle a un effet secondaire utile : elle oblige à se demander, chaque trimestre, si la formation suivie correspond toujours au périmètre réellement exercé. C'est exactement ce que le II de l'article A. 512-8 demande.
Ce que le cumul change pour la formation continue
Le plancher de quinze heures par an de l'article R. 512-13-1 est individuel et annuel. Il s'apprécie pour la personne, pas pour chaque catégorie ni pour chaque mandat.
Une seule attestation nominative de quinze heures peut donc être présentée à plusieurs mandants, et sur plusieurs catégories d'inscription.
Une condition s'y ajoute néanmoins, et elle est de bon sens : la formation suivie doit être adaptée à la nature des produits distribués au titre de chaque périmètre. Un cumul large appelle un contenu qui couvre ce cumul, ou une explication écrite de la priorité retenue cette année.
En matière de capacité professionnelle en revanche, le cumul joue vers le haut : l'article R. 512-13 impose de justifier des exigences les plus élevées prévues pour les catégories exercées.
Questions fréquentes
- Puis-je être courtier et mandataire en même temps ?
- Oui. Le cumul de catégories est licite et fréquent : le rapport annuel 2024 de l'ORIAS recense cent dix-huit mille trois cent huit inscriptions pour soixante-neuf mille neuf cent soixante-dix intermédiaires. Ce qui est sanctionné, c'est d'exercer une activité qui ne figure pas dans votre inscription.
- Combien coûte une catégorie supplémentaire ?
- Vingt-cinq euros par an, montant fixé par l'arrêté du 12 décembre 2018. L'article L. 512-1 du code des assurances plafonne l'ensemble des frais annuels d'inscription à deux cent cinquante euros.
- Dois-je refaire quinze heures par catégorie ?
- Non. Le plancher de l'article R. 512-13-1 est individuel et annuel : il s'apprécie pour la personne, pas pour chaque catégorie ni pour chaque mandat. Une seule attestation nominative de quinze heures peut être présentée à plusieurs mandants, à condition que la formation soit adaptée aux produits distribués à chaque titre.
- Le renouvellement met-il à jour mes catégories ?
- Non. Le renouvellement reconduit ce qui est déjà déclaré et ne corrige rien. Une nouvelle activité se déclare séparément, et une catégorie abandonnée se retire. Confondre les deux gestes conduit à valider chaque année une photographie fausse.
- Que se passe-t-il si j'ai exercé sans l'inscription correspondante ?
- Vous avez exercé une activité d'intermédiation hors de votre catégorie d'inscription, ce qui est un manquement en soi, et votre assureur de responsabilité civile professionnelle couvre l'activité déclarée, pas une autre. La conduite la plus utile est de régulariser sans attendre et de documenter la régularisation : une correction spontanée pèse tout autrement qu'une correction tardive.
- Une adhésion associative unique couvre-t-elle assurance et banque ?
- L'article R. 513-1 le permet lorsque l'association est agréée à la fois sur le périmètre assurance et sur le périmètre banque. Toutes ne le sont pas. Pour un cabinet mixte, le choix de l'association devient donc une décision structurante, à vérifier sur la liste publiée par l'ACPR.
Valider vos heures
Le parcours se suit entièrement à distance, à votre rythme, en séquences consécutives ou non. L'attestation est délivrée à la clôture du parcours, après contrôle du temps de connexion, avec un relevé de connexion horodaté : ce sont ces deux pièces que vous conservez et que vous produisez en cas de contrôle.
Pour aller plus loin
Les autres dossiers sur « les statuts et les personnes concernées »
Ailleurs dans les dossiers
- Les sanctions applicables aux intermédiaires d'assurance
- Le renouvellement annuel de l'immatriculation à l'ORIAS
- Qualiopi et la prise en charge : deux régimes à ne pas confondre
- L'obligation de formation continue des intermédiaires d'assurance
- Ni report ni lissage : pourquoi les quinze heures recommencent chaque année
- L'association professionnelle agréée : ce qu'elle vérifie chaque année
La formation se suit en ligne, depuis n'importe où en France. Ce qui change d'un lecteur à l'autre n'est pas le lieu, c'est la catégorie d'inscription au registre unique : courtier d'assurance, agent général d'assurance, mandataire d'assurance, mandataire d'intermédiaire d'assurance.
Quel parcours vous concerne ?
Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.
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