DDA 15

Qui est concerné

Un intermédiaire à titre accessoire est-il soumis aux quinze heures ?

Le point n'est pas tranché, et nous préférons vous le dire plutôt que d'affirmer. L'intermédiaire d'assurance à titre accessoire, au sens du III de l'article L. 511-1 du code des assurances, se trouve au croisement de positions divergentes : l'ACPR le considère hors du champ de l'obligation de formation continue, tandis que la note de l'ORIAS relative au fonctionnement du registre unique évoque une obligation de formation sans quantum horaire. Aucune disposition expresse ne règle la question. La conduite prudente consiste à interroger par écrit son mandant ou son conseil, à conserver la réponse, et à se former tant qu'aucun écrit ne dispense.

De qui parle-t-on exactement

L'intermédiation à titre accessoire désigne l'activité de celui dont le métier principal n'est pas l'assurance et qui distribue des contrats en complément d'un bien ou d'un service : un loueur, un vendeur d'équipements, une agence de voyage, un garage. Le III de l'article L. 511-1 du code des assurances en pose la définition et les conditions.

Ces professionnels sont nombreux, et leur situation au regard des obligations d'exercice est régulièrement source de questions. La formation continue n'y échappe pas.

Les deux lectures, et ce qui les fonde

La première s'appuie sur la position exprimée par l'ACPR, qui place les intermédiaires à titre accessoire hors du champ de l'obligation de formation continue. Elle a pour elle la voix du superviseur, qui est celui qui contrôlerait.

La seconde s'appuie sur la note de l'ORIAS relative au fonctionnement du registre unique, qui évoque une obligation de formation sans en fixer de quantum horaire. Elle a pour elle la voix de l'organisme qui immatricule, et qui apprécie les conditions d'inscription.

Les deux lectures se soutiennent, et aucune disposition du code des assurances ne vient les départager expressément. C'est une zone d'incertitude réelle, que nous ne prétendrons pas résoudre sur une page de site.

La conduite prudente, et pourquoi elle coûte peu

Posez la question par écrit à votre mandant, c'est à dire à l'intermédiaire ou à l'entreprise d'assurance qui vous a immatriculé, ou à votre conseil habituel. Conservez la réponse au dossier : c'est elle qui explique votre position si le sujet revient.

En attendant une réponse écrite qui vous dispense, suivre une formation adaptée aux produits que vous distribuez reste la voie sûre. Les mettre en regard rend l'arbitrage simple : le coût d'une formation de quinze heures est connu, celui d'une discussion sur une condition d'exercice ne l'est pas.

Ce qui, en revanche, n'est pas incertain

La capacité professionnelle des intermédiaires à titre accessoire, elle, relève d'un régime écrit. L'article R. 512-12 du code des assurances prévoit, pour la distribution exercée à titre accessoire, une formation d'une durée raisonnable adaptée aux produits présentés et sanctionnée par une attestation, ou six mois d'expérience, ou un diplôme figurant sur la liste réglementaire.

Ce texte ne fixe aucun nombre d'heures, et l'expression durée raisonnable s'entend comme proportionnée au produit et démontrable. C'est un point distinct de la formation continue annuelle, mais il rappelle que la compétence attendue reste proportionnée à ce qui est distribué.

Deux précisions qui reviennent

Une question à poser une seule fois

Une fois obtenue et classée, la réponse écrite vaut pour les années suivantes tant que votre activité ne change pas. Elle ne se redemande pas chaque année.

Se former reste utile

Indépendamment de l'obligation, la responsabilité au titre du devoir de conseil s'applique à toute distribution, accessoire comprise. Les fondamentaux servent dans les deux cas.

Valider vos heures

Le parcours se suit entièrement en ligne, à votre rythme, déontologie et protection de la clientèle comprises. L'attestation est délivrée dès les heures validées, et c'est elle qui prouve votre formation continue de l'année.

Quel parcours vous concerne ?

Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.