DDA 15

L'obligation de formation continue

La formation à distance : ce que le code des assurances permet expressément

Le II de l'article R. 512-13-1 du code des assurances prévoit expressément des prestations de formation en présentiel ou à distance, organisées en une ou plusieurs séquences, consécutives ou non. Suivre ses quinze heures en ligne n'est donc pas une tolérance mais une modalité prévue par le texte, au même rang que le présentiel. Ce que la modalité ne change pas : le plancher de quinze heures, l'exigence d'adéquation du II de l'article A. 512-8, et l'obligation de justifier par tout moyen posée au II de l'article L. 511-2.

Beaucoup de professionnels hésitent encore à valider leur obligation en ligne, par crainte qu'un contrôleur la juge moins sérieuse. Ce dossier montre que la crainte n'a pas de fondement textuel, et dit ce qu'il faut conserver.

Le texte, mot pour mot

Le II de l'article R. 512-13-1 du code des assurances traite des modalités d'organisation de la formation. Il prévoit des prestations en présentiel ou à distance, organisées en une ou plusieurs séquences, consécutives ou non.

Trois autorisations tiennent dans cette phrase, et elles répondent à trois inquiétudes différentes. La modalité à distance est permise. Le fractionnement est permis. Et la discontinuité l'est aussi, ce qui signifie qu'une séquence suivie en mars et une autre en septembre relèvent du même dispositif.

Le texte ne hiérarchise pas les modalités et n'assortit le distanciel d'aucune condition supplémentaire. Un contrôleur qui écarterait une formation au seul motif qu'elle a été suivie en ligne se heurterait à la lettre de cet article.

Ce que la modalité ne change pas

Le distanciel ne dispense de rien. Le plancher reste de quinze heures par an au titre du I du même article. L'exigence d'adéquation du II de l'article A. 512-8 reste entière : la formation doit être adaptée à la nature des produits distribués, aux modes de distribution utilisés et aux fonctions exercées.

Le régime de preuve reste celui du II de l'article L. 511-2, c'est à dire la justification par tout moyen. Ce que l'on présente change de forme, pas de nécessité.

Enfin, la vérification par l'association professionnelle agréée reste la même. L'article R. 513-9 lui demande de vérifier que les formations sont effectivement dispensées et adaptées, et rien dans ce texte ne distingue selon la modalité.

Ce que la modalité change vraiment, et à votre avantage

Le premier changement est l'accès à la preuve. Une formation à distance produit naturellement une trace horodatée de connexion, séquence par séquence, ce qu'une journée en salle ne produit qu'au travers d'une feuille d'émargement. La modalité en ligne est donc, en pratique, la plus facile à documenter.

Le deuxième changement est le rythme. Quinze heures réparties en séquences d'une heure sur plusieurs mois n'immobilisent jamais le cabinet, ce qui est le vrai obstacle pour une structure de deux ou trois personnes.

Le troisième est la reprise. Une séquence interrompue reprend là où elle s'est arrêtée, et le compteur d'heures suit. C'est ce que le texte appelle des séquences non consécutives.

Ce que produit le parcours DDA 15, et que vous conservez

Le parcours délivre une attestation nominative à la clôture du parcours. Elle porte votre identité, l'intitulé de la formation, le volume horaire et les thèmes suivis, c'est à dire exactement les éléments que l'article R. 513-9 demande de faire figurer sur la liste nominative annuelle.

Elle s'accompagne d'un relevé de connexion horodaté, séquence par séquence. C'est la pièce qui établit la réalité des heures, et c'est elle qui répond à la question « ces heures ont-elles été effectivement suivies » posée par l'article R. 513-9.

Ces deux pièces se conservent et ne se transmettent pas d'office : le même article précise que les justificatifs se tiennent à disposition. Ce que vous envoyez chaque année à votre association, c'est la liste nominative ; ce que vous gardez, ce sont les attestations et les fiches de poste.

L'organisme et sa certification : une question distincte

Une confusion mérite d'être levée, parce qu'elle mélange deux régimes qui n'ont pas le même objet.

Le code des assurances ne subordonne pas l'éligibilité d'une formation à la certification de l'organisme qui la dispense. Ce qu'il demande, c'est un contenu éligible au sens de l'article A. 512-8, un volume horaire établi et une adéquation démontrable.

La certification Qualiopi relève, elle, du code du travail et conditionne le financement par un opérateur de compétences. Elle intéresse donc votre dossier de prise en charge, pas la validité de vos quinze heures. Les deux sont utiles, ils ne répondent simplement pas à la même question.

Les objections que l'on entend, et ce qu'on peut y répondre

« Une formation en ligne, ça ne compte pas vraiment. » Le II de l'article R. 512-13-1 prévoit expressément le distanciel. C'est la réponse la plus courte et la plus solide.

« Il faut être en direct avec un formateur. » Le texte ne l'exige pas. Il ne distingue ni entre synchrone et asynchrone, ni entre classe virtuelle et parcours autonome. En revanche, la modalité peut changer le barème de prise en charge d'un financeur, ce qui est un sujet budgétaire et non réglementaire.

« Personne ne vérifiera que je l'ai réellement suivie. » C'est justement l'inverse qui est vrai, et c'est plutôt rassurant : le relevé de connexion horodaté établit la réalité des heures mieux qu'une signature au bas d'une feuille de présence.

Questions fréquentes

Une formation à distance est-elle valable pour l'obligation DDA ?
Oui. Le II de l'article R. 512-13-1 du code des assurances prévoit expressément des prestations en présentiel ou à distance, organisées en une ou plusieurs séquences, consécutives ou non. La modalité à distance figure donc dans le texte au même rang que le présentiel.
Faut-il suivre les quinze heures d'affilée ?
Non. Le même II autorise une organisation en une ou plusieurs séquences, consécutives ou non. Vous pouvez donc répartir les quinze heures sur l'année, par tranches d'une heure ou deux, ce qui est souvent la seule façon réaliste de les tenir dans un petit cabinet.
Quelle preuve conserver après une formation en ligne ?
L'attestation nominative, qui porte votre identité, le volume horaire et les thèmes, et le relevé de connexion horodaté qui établit la réalité des heures. L'article R. 513-9 cite expressément les attestations de formation et les fiches de poste parmi les justificatifs tenus à disposition.
L'organisme doit-il être certifié pour que mes heures comptent ?
Le code des assurances ne subordonne pas l'éligibilité d'une formation à la certification de l'organisme. La certification Qualiopi relève du code du travail et conditionne le financement par un opérateur de compétences, ce qui est une question de budget et non de validité de vos heures.
Une classe virtuelle vaut-elle mieux qu'un parcours autonome ?
Le texte ne fait pas cette distinction. Elle peut en revanche compter pour votre financeur, dont le barème horaire de prise en charge diffère parfois selon que la formation est synchrone ou asynchrone. Renseignez-vous auprès de lui avant de déposer votre demande.
Puis-je suivre le parcours depuis l'étranger ou l'outre-mer ?
Le parcours se suit depuis n'importe où, puisqu'il est entièrement à distance. L'obligation, elle, suit votre inscription au registre unique et non votre lieu de connexion : c'est votre catégorie d'inscription qui détermine à qui la preuve est due.

Valider vos heures

Le parcours se suit entièrement à distance, à votre rythme, en séquences consécutives ou non. L'attestation est délivrée à la clôture du parcours, après contrôle du temps de connexion, avec un relevé de connexion horodaté : ce sont ces deux pièces que vous conservez et que vous produisez en cas de contrôle.

Quel parcours vous concerne ?

Les quinze heures sont les mêmes pour tout le monde, et le tronc commun de onze heures aussi. Ce qui se choisit, ce sont les quatre heures de spécialisation : prenez celle des produits que vous distribuez le plus.